images et objets pour une histoire millénaire
Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

Un mariage vers 1900

Légende
Désignation
Deux couples de mariés dans l’atelier d’un photographe
Auteur
Metzner, Léon
Date
vers 1900 (entre 1885 et 1904)
Technique
photographie, positif noir et blanc
Lieu de conservation
Musée paysan et artisanal, La Chaux-de-Fonds
Contexte

Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, la photographie reste un document digne de respect, réalisé au moyen d’un matériel coûteux. Le commun des mortels fréquente les studios des photographes professionnels lors des grandes occasions, notamment pour des mariages, et non sans avoir pris soin de revêtir ses plus beaux habits.

Les portraits figureront dans l’album familial, à moins qu’ils ne soient encadrés et suspendus aux murs du salon. Certains finiront même par orner les pierres tombales ! C’est dire que l’attitude compassée des sujets ne résulte pas uniquement de l’immobilité requise par la technique de l’époque.

Description

Deux couples âgés de vingt à trente ans posent devant un décor sophistiqué de l’atelier Léon Metzner, photographe actif à la rue du Parc no 29 à La Chaux-de-Fonds entre 1885 et 1904. Ils arborent une tenue de cérémonie empreinte de sobriété. Les messieurs portent un costume noir sur une chemise blanche à col cassé, les dames une robe sombre très longue et plutôt austère.

Quelques modestes ornements blancs, rubans et menues fleurs surtout, tempèrent la sévérité de leur mise. Les épouses tiennent en outre un magnifique bouquet blanc et l’une d’elles  a accroché un long voile blanc à sa chevelure.

Interprétation

En dépit d’une certaine recherche vestimentaire, ces jeunes gens ne semblent pas appartenir à la classe aisée. La similitude des tenues et  la position des deux couples donnent à penser que deux mariages ont été célébrés. Peut-être s’agit-il de deux frères ou de deux sœurs. Toutefois, le fait que l’une des femmes ne porte pas de voile et qu’elle soit en position assise suscite l’interrogation.

Le Chaux-de-Fonnier Lucien Landry témoigne en ces termes de l’usage dans nos Montagnes avant 1850 : « l’épouse, toujours vêtue de noir, ne portait généralement pas de voile ». Il est vrai que la tenue sombre traditionnelle était réutilisable et transformable jusqu’à usure complète. La robe blanche s’est imposée plus ou moins tardivement selon la région et sans doute aussi selon le milieu social.

En savoir plus ...

L’Impartial, 11 juillet 1885, p. 4 ; 13 novembre 1904, p. 7 ; 12 septembre 1911, p. 8 (décès).

Landry, Lucien, Causeries sur la Chaux-de-Fonds d’autrefois, La Chaux-de-Fonds, 1887, p.117.

Auteur : Raoul Cop

Catégories: Economie domestique, Fêtes et commémorations, 1891-1913

Notice 45 sur 482.