images et objets pour une histoire millénaire
Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

L’éclairage des dentellières

Légende
Sujet
Globier
Date
vers 1830-1840
Matière
bois, verre et coton
Dimensions
H: 103 cm L: 44 cm l: 45 cm
Lieu de conservation
Musée d’histoire, La Chaux-de-Fonds
Référence de l’œuvre
VII.FF-1
Contexte

Originaire d’Italie et de Flandres, la dentelle se répand dans la principauté de Neuchâtel dès le début du XVIIe siècle. Les huguenots, chassés par la révocation de l’Edit de Nantes, vont amener avec eux de nouveaux types de dentelles et permettre l’essor économique de cette activité artisanale. En 1817, on compte dans la principauté environ 6500 dentellières, soit près de 12% de la population. Les dentelles neuchâteloises s’exportent notamment en Espagne, en France, en Italie et en Allemagne. Le système de production est organisé selon le modèle de la manufacture dispersée (Verlagssystem). Des marchands-entrepreneurs fournissent le matériel aux ouvrières qui travaillent à domicile. Afin d’agrémenter les longues heures de travail, les dentellières se réunissent, s’éclairant à l’aide du « globier ».

Description

Désignée à Neuchâtel sous le nom de « globier », cette lampe de dentellières fournit aux travailleuses un éclairage optimal exigé par la minutie du travail. Sur un tabouret de bois muni de trois pieds sont fixés, à l’aide d’une vis en bois, une lampe à huile et quatre globes de verres. Les sphères remplies d’eau concentrent la lumière, à la manière d’une loupe, sur le travail des dentellières. Le globier présenté ici permet donc à quatre dentellières de travailler côte à côte.

Interprétation

Objet emblématique de la production de la dentelle au XVIIIe et XIXe siècle, notamment dans les montagnes neuchâteloises, le globier illustre l’aspect social de cet artisanat : occupant essentiellement des femmes, il permet de réunir les membres de la famille ou les voisines. Il constitue un apport économique important durant la saison hivernale dans une société encore en grande partie paysanne. La dentelle neuchâteloise ne survivra pas à la concurrence des tulles en coton, fabriqués à la machine. Dès 1830, elle tend à disparaitre, les travailleuses se tournant vers le secteur plus dynamique de l’horlogerie dont les salaires sont plus attrayants.

En savoir plus ...

Objets-passage, catalogue d’exposition, La Chaux-de-Fonds : Musée d’histoire, 2007, pp. 12-14.

Montandon, Marie-Louise, La dentelle de Neuchâtel, Auvernier: Ed. Le Roset, 1998.

Montandon, Marie-Louise, Dentelles de Neuchâtel: de la production à l'exportation, Hauterive: Ed. Gilles Attinger, 2007.

Auteur : Vincent Callet-Molin

Catégories: Industrie, 1806-1848

Notice 350 sur 477.