images et objets pour une histoire millénaire
Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

La neuchâteloise Salomé de Gélieu a été l’éducatrice de Louise de Mecklembourg-Strelitz, future reine de Prusse

Légende
Désignation
Salomé de Gélieu
Auteur
Diogg, Félix-Maria (1762-1834)
Date
1802
Technique
huile sur toile
Dimensions
H: 58 cm L: 50 cm
Lieu de conservation
Collection Lambert Constant André van Holk
Cette notice est tirée de l'ouvrage Sa Majesté en Suisse, Neuchâtel et ses princes prussiens, 2013. Elle est publiée avec l'aimable autorisation des Editions Alphil, de l'Institut d'histoire de l'art et de muséologie de l'Université de Neuchâtel et du Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel.
Contexte

Salomé de Gélieu naît en 1742 aux Bayards, dans la famille d’un pasteur. Après avoir été préceptrice des enfants du duc de Marlborough en Angleterre, puis avoir dirigé un pensionnat à Neuchâtel, elle devient en 1785 gouvernante des enfants du grand-duc de Mecklembourg-Strelitz à Darmstdat. Elle prend en charge l’éducation de ses cinq enfants : Thérèse, Frédérique, Louise, Georges et Charles. Cette éducation porte sur un grand nombre de matières, assumées par plusieurs précepteurs. Salomé de Gélieu, qui gère le cursus, leur apprend également le français, la langue internationale des élites au siècle des Lumières. L’enseignement, enfin, comporte une dimension morale. Ses méthodes, nouvelles dans le monde germanique, attestent la popularité du best-seller de Rousseau, Emile ou de l’Education (1762) ; selon cet idéal, l’enfant doit se développer harmonieusement, sans contrainte, et mû par le seul désir d’apprendre que suscite le pédagogue. D’un naturel vif et aimable, mais peu douée pour l’étude, la future reine Louise apprendra peu : Salomé de Gelieu dira plus tard que sa seule réussite fut sans doute de ne pas avoir gâté le naturel de son élève. Cette pédagogue a été bien plus qu’un simple professeur, elle a tenu le rôle d’une seconde mère pour les enfants de la famille ducale.

Description

Cette huile sur toile a été peinte en 1802 par Félix-Maria Diogg, portraitiste suisse. D’allure sobre, elle représente Salomé de Gélieu (1742-1820) à l’âge de soixante ans, la tête recouverte d’une coiffe de dentelle ornée d’un ruban bleu. La précision des traits et les tons naturels confèrent un aspect dépouillé à cette œuvre. Le sujet se détache sur un fond aux teintes brunes.

Interprétation

Salomé de Gélieu a conservé des liens très resserrés avec ses protégés toute sa vie. Louise, devenue reine de Prusse, lui offre une broche, témoignage de sa reconnaissance envers celle qui l’a élevée. Ce bijou, offert à Salomé de Gélieu en 1800, comporte un cercle bordé de perles montées sur émail bleu. Dans le portrait, Salomé de Gélieu porte fièrement ce talisman, détenteur de souvenirs très chers.

En savoir plus ...

Fumaroli, Marc, Quand l’Europe parlait français, Paris : Fallois, 2001.

Gélieu, Claudia von, Die Erzieherin von Königin Louise. Salomé de Gélieu, Ratisbonne : Pustet, 2007.

Hugelshofer, Walter, Felix-Maria Diogg : ein Schweizer Bildnismaler 1762-1834, Zurich : M. Niehans Verlag, 1941.

Schaller, Noémie, "Un châle de la défunte reine Louise est offerte à Salomé de Gélieu par le roi", ImagesdupatrimoiNE.

Schorn-Schütte, Luise, Königin Luise: Leben und Legende, Munich: Beck, 2003.

Auteur : Hélène Ruch

Catégories: Instruction publique, 1707-1805

Notice 93 sur 479.