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Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

La Collégiale de Neuchâtel : une construction de prestige

Légende
Désignation
Bulle du pape Célestin III confirmant les donations et les franchises octroyées à l’église collégiale de Neuchâtel
Auteur
Célestin III, pape
Date du document original
1195
Date de la copie
15e siècle
Matière
rouleau en papier ; copie non vidimée
Dimensions
H: 64,5 cm L: 31 cm
Lieu de conservation
Archives de l'Etat, Neuchâtel
Référence de l’œuvre
Archives anciennes W 10 n°12
Contexte

Dans la deuxième moitié du 12e siècle, la construction de deux bâtiments prestigieux est entreprise sur la colline de Neuchâtel. L’ancienne aula royale de Rodolphe III de Bourgogne est rénovée et agrandie d’une nouvelle aile résidentielle. A proximité immédiate de ce palais débutent les travaux pour l’édification de la collégiale. Commencée par Ulric et Berthe de Neuchâtel, représentés tous deux autrefois sur le portail de l’église, la Collégiale est dédicacée à la Vierge Marie en 1276. Mais la messe y est déjà célébrée en 1195. Peu avant la mort d’Ulric, le 2 mars 1191, le pape Clément III accorde sa protection pour la fondation de l’église. Le 20 octobre 1195, le pape Célestin III approuve le réseau paroissial et les fonctions liturgiques du chapitre de la collégiale.

Description

La bulle papale nous est connue par une copie non vidimée du 15e siècle. Cette copie est écrite en latin sur un rouleau de papier qui comprend la retranscription de quatre actes différents. Promulgués par plusieurs papes, ils confirment les biens donnés au chapitre de l’église collégiale de Neuchâtel depuis sa fondation. Le rouleau commence par la bulle du pape Célestin III, datée du 20 octobre 1195. Plaçant l’église de Neuchâtel sous la protection de Notre Dame et de saint Pierre, le pape confirme les donations faites à l’église et lui octroie certaines libertés et franchises.

Interprétation

La construction de la collégiale participe à une politique de prestige de la famille des Neuchâtel menée durant 30 ans par Ulric et Berthe. Après la fondation de Fribourg par les Zähringen en 1157, Ulric, seigneur de Neuchâtel et d’Arconciel, concentre ses efforts et ses investissements sur Neuchâtel. Les grands travaux menés au château et à la collégiale permettent de faire de Neuchâtel leur capitale et d’asseoir leur prestige. La fondation du chapitre collégial est l’occasion pour les Neuchâtel de nouer des liens avec le pape. Les descendants d’Ulric bénéficient de cette politique : ils prennent le titre de comte, titre qu’ils font par la suite reconnaître par le pape et par l’empereur.

En savoir plus ...

Morerod, Jean-Daniel, « Comment fonder une principauté d'Empire? : les signes manifestes du pouvoir comtal à Neuchâtel »  in : La Suisse occidentale et l'Empire, Lausanne: Société d'histoire de la Suisse romande, 2004, pp. 139 –141.

Bartolini, Lionel, Morerod, Jean-Daniel, « Rodolphe de Neuchâtel, la famille, l’homme », in : Rodolphe, comte de Neuchâtel et poète, Neuchâtel : Ed. Alphil & Musée d’art et d’histoire, 2006, pp. 7-15.

Matile, Georges-Auguste, Monuments de l'histoire de Neuchâtel, 1844, tome I, no 45, pp. 35-37.

Auteur : Vincent Callet-Molin

Catégories: Politique et gouvernement, 1011-1543

Notice 271 sur 479.