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Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

Le pouvoir au peuple neuchâtelois

Légende
Titre
Le Tombeau des Pretendans à la Souveraineté de Neuchatel et Valengin ou Mémoire Par lequel on prouve que la dite Souveraineté est devoluë aux peuples aprés la mort de S.A.S. Madame la Duchesse de Nemours.
Auteur
Meuron, Etienne (1675-1750)
Date
1707
Edition
A Cologne, [Neuchâtel], Chez les Héritiers de feu Pierre Marteau [Jean Grenot]
Collation
12 p.
Dimensions
in-4°
Lieu de conservation
Bibliothèque publique et universitaire, Neuchâtel
Référence de l’œuvre
ZR 736
Contexte

La duchesse de Nemours, souveraine de Neuchâtel, meurt sans héritier en 1707. Les différents prétendants à la succession de la Duchesse de Nemours produisent aussitôt des mémoires, libelles, plaidoiries, répliques et réfutations qui tentent de convaincre le Tribunal des Trois Etats, chargé de déterminer les droits de chacun sur la souveraineté de Neuchâtel. Parmi ces centaines de pages, un court libelle attire l’attention : Le Tombeau des Pretendans à la Souveraineté de Neuchatel et Valengin revendique en effet que la souveraineté revienne au peuple.

Description

Constitué de 12 feuillets, Le tombeau des prétendans se présente comme un mémoire anonyme édité sous une fausse adresse : « A Cologne, Chez les Héritiers de feu Pierre Marteau » afin de tromper la censure. L’auteur propose, bien avant l’heure, d’abolir le pouvoir des souverains et de confier au peuple son propre destin : puisque le Tribunal des Trois-Etats a la compétence de désigner le souverain de Neuchâtel, il a aussi la possibilité d’ériger le pays en république. La souveraineté appartient de fait et de tout temps au peuple qui l’a cédé volontairement et provisoirement à un prince de son choix.

Interprétation

L’auteur de ce libelle est un bourgeois de Neuchâtel qui occupe plusieurs charges administratives de la ville. Très audacieuse pour l’époque, sa proposition n’a pas trouvé de soutien auprès des Neuchâtelois, notamment auprès des Corps de l’Etat qui craignent une république aristocratique et redoutent de voir augmenter encore le pouvoir des grandes familles de la ville. Aussi les autorités réagissent-elles rapidement. L’adresse fictive (Pierre Marteau à Cologne) a été très souvent utilisée par de nombreux éditeurs pour publier des ouvrages philosophiques, polémiques, libertins ou licencieux. Malgré cette précaution, le libraire Jean Grenot, qui a imprimé et diffusé l'ouvrage, est condamné à trois jours de prison et les exemplaires de son opuscule séditieux sont saisis et brûlés publiquement à la Croix-du-Marché.

En savoir plus ...

Schlup, Michel, Trésors de l'édition neuchâteloise, Hauterive : Ed. Gilles Attinger, 1981, pp. 40-41.

Godet, Philippe, « Les intentions de la Prusse en 1707 », Musée neuchâtelois, 1887, pp. 240-250.

Jacottet, Paul, « Le procès de 1707 », Musée neuchâtelois, 1881, pp. 125-132, 149-160, 192-205.

Histoire du Pays de Neuchâtel, tome II, Hauterive : Ed. Gilles Attinger, 1991, pp. 61-63.

Auteur : Vincent Callet-Molin

Catégories: Politique et gouvernement, 1707-1805

Notice 316 sur 445.