images et objets pour une histoire millénaire
Société d'histoire et d'archéologie
du canton de Neuchâtel

La fondation de l’abbaye de Fontaine-André

Légende
Désignation
Confirmation de la fondation de l’abbaye de Fontaine-André par l’évêque de Lausanne
Auteur
Guy de Maligny, évêque de Lausanne
Date
24 février 1143
Matière
parchemin avec sceau pendant
Dimensions
H: 22 cm L: 31,5 cm
Lieu de conservation
Archives de l'Etat, Neuchâtel
Référence de l’œuvre
AS-H24 n°13
Contexte

Quelques temps avant 1143, les deux frères Rodolphe et Manegold, coseigneurs de Neuchâtel, décident de fonder un couvent. Aussi cèdent-ils à l'abbé Richard du Lac de Joux les terres, pâturages et pêcheries du lieu-dit Fontaine-André, au nord-est de Neuchâtel, avec tous les droits qui s’y rattachent. Richard, ne disposant probablement pas des moines nécessaires à la création du couvent, transmet le domaine à l'abbé Wichelm de Corneux (Haute-Saône) dont les moines, de l’ordre des Prémontrés, suivent la règle de Saint-Augustin. L’abbaye s’enrichit de nouvelles donations au fil du temps, acquérant un pouvoir religieux et temporel important dans la région. Les moines se dispersent au moment de la Réforme.

Description

La fondation de l’abbaye nous est connue par un acte original sur parchemin, en latin, datant du 24 février 1143. Guy de Maligny, évêque de Lausanne, y approuve la transmission à l’abbé Wichelm et confirme à l’abbaye de Fontaine-André les biens qu’elle possède. Plusieurs hommes d’Eglise, faisant office de témoins, apposent leur signature au bas du document. L’authenticité de l’acte est confirmée par le sceau pendant de l’évêque. De forme ogivale (le plus souvent privilégiée par les évêques), le sceau représente le Christ en gloire sur un trône, entouré de l’inscription : Guido Dei gratia Lausanensis episcopus. Le parchemin est accompagné d’un vidimus, copie plus tardive certifiée de cet acte.

Interprétation

Ce diplôme épiscopal est le plus ancien document conservé aux Archives de l’Etat de Neuchâtel. Il manifeste l’autorité spirituelle de l’évêque, comme le confirme la clause comminatoire finale de l’acte : « afin que personne n’ose enfreindre inconsidérément ces ordonnances, nous introduisons une sentence d’anathème ». Cet acte permet de supposer que la construction de l’abbaye a commencé après février 1143 et qu’elle est probablement achevée vers 1147, peu avant la mort de Rodolphe.

En savoir plus ...

Courvoisier, Jean, Les monuments d’art et d’histoire du canton de Neuchâtel, tome II, Bâle : Ed. Birkhäuser, 1963, pp. 21-27.

Bujard, Jacques, «Aperçu des découvertes archéologiques anciennes et récentes dans les églises neuchâteloises», Revue historique neuchâteloise, 1998, 253-255.

Vuille, Paul, « Note sur les premiers seigneurs de Neuchâtel », Musée neuchâtelois, 1979, p. 110.

Auteur : Vincent Callet-Molin

Catégories: Catholicisme, 1011-1543

Notice 401 sur 474.